- Dans le but de soutenir le PNUE et sa campagne « Non à la dépendance ! Pour une économie à faible émission de carbone » lancée ici à Wellington, l’OMT fait paraître son étude 2008 « Changement climatique et tourisme - Faire face aux défis mondiaux » élaborée avec le concours du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM).
- L’OMT insiste de nouveau sur la suite à donner à sa Déclaration de Davos afin d’appuyer la feuille de route des Nations Unies adoptée à Bali et de répondre au besoin d’un processus complet d’adaptation, d’atténuation, d’innovation technique et de financement pour relever le défi du changement climatique tout en maintenant le programme de développement.
- L’OMT exhorte le secteur du tourisme à recourir à l’innovation, facteur essentiel pour que ses activités soient sans effet sur le climat à long terme et elle demande aux secteurs public et privé de renforcer leur engagement à partager les données, les techniques et le savoir technologique. Dans ce contexte, elle a le plaisir d’annoncer sa collaboration avec l’Organisation de l’aviation civile internationale, du système des Nations Unies, pour faire adopter le nouveau calculateur des émissions de CO2 du transport aérien de l’OACI.
La contribution du tourisme au développement humain est incontestée, ce secteur étant un moteur de la croissance économique des pays riches et des pays pauvres, une force de cohésion sociale et culturelle et un instrument de bonne gestion de l’environnement, en particulier dans les pays émergents et dans les pays les moins avancés. Avec quelque 900 millions d’arrivées de touristes internationaux l’an dernier et 1,6 milliard prévues en 2020, l’enjeu est de consolider les avantages de cette activité tout en en réduisant sans cesse l’empreinte carbone.
S’il veut se développer de façon vraiment durable, le secteur du tourisme doit réagir sans tarder au changement climatique en limitant intelligemment ses propres émissions de gaz à effet de serre (GES) et en prenant rapidement des mesures contre les répercussions du changement climatique sur ses propres activités. Cela exige d’agir pour :
- atténuer les émissions de GES du secteur, provenant surtout des transports et de l’hébergement ;
- adapter les entreprises et les destinations touristiques à l’évolution du climat ;
- appliquer les techniques existantes et nouvelles d’amélioration du rendement énergétique, et
- se procurer des ressources financières pour aider les régions et les pays en ayant besoin.
« Nous sommes sûrs que notre secteur est à même de jouer son rôle dans la mise en place d’un cadre mondial, vaste et efficace, de mesures visant à faire face au changement climatique, a affirmé le Secrétaire général de l’OMT, Francesco Frangialli. Depuis de nombreuses années, nous travaillons en étroite collaboration avec le PNUE et l’OMM pour analyser les répercussions de ce phénomène, les points de tension et les axes de remèdes efficaces dans l’immédiat comme à long terme. Nous savons aussi qu’on ne peut pas s’attaquer au changement climatique en perdant de vue les autres priorités de développement et d’action humanitaire et en oubliant notamment la contribution globale du tourisme à la croissance économique et à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement des Nations Unies. Nous nous efforçons au maximum de faire en sorte que le tourisme parvienne à réduire sa part des émissions de GES à un rythme plus rapide que celui de l’augmentation des déplacements de touristes internationaux et internes, continuant ainsi à jouer un rôle clé dans la lutte contre la pauvreté et à servir au progrès économique et social des pays en développement. »
Selon le Directeur exécutif du PNUE, Achim Steiner, « le tourisme peut aider à faire reculer la pauvreté dans les pays en développement, réduire sa propre empreinte carbone et contribuer à la protection des ressources naturelles et de celles reposant sur la nature. »
Le Secrétaire général de l’OMM, Michel Jarraud, renouvelle son appel « aux gouvernements et aux professionnels pour qu’ils renforcent leurs partenariats sur les rapports entre climat et tourisme et qu’ils tiennent compte du facteur climatique dans la politique et les plans de développement et de gestion du tourisme afin d’assurer au secteur un avenir durable. »
L’étude «
Changement climatique et tourisme - Faire face aux défis mondiaux » (en anglais) fournit au secteur un point de départ pour s’occuper du phénomène mondial du changement climatique. Elle propose en outre des moyens de mettre au point des instruments pratiques dont pourront se servir les responsables politiques et les gestionnaires du tourisme pour favoriser la croissance durable du secteur. Sa partie technique analyse les rapports entre le tourisme et le changement climatique, les effets de ce dernier sur les destinations, les choix à faire et les stratégies à appliquer pour s’adapter ainsi que les conséquences quant aux caractéristiques de la demande touristique. Sa partie économique comprend la première évaluation détaillée jamais faite des émissions de GES des activités liées au tourisme et une analyse des politiques et des mesures d’atténuation.
Assistant à la célébration officielle de la Journée mondiale de l’environnement en Nouvelle-Zélande, le Sous-Secrétaire général de l’OMT, Geoffrey Lipman, a précisé : « Notre étude met en évidence les menaces et les possibilités. Elle confirme le fait que le tourisme contribue à hauteur d’environ 5 % aux émissions de gaz à effet de serre, ce qui est comparable à son poids dans l’économie mondiale et nettement inférieur à sa contribution au développement des pays pauvres. Elle définit des orientations pour le changement institutionnel des transports, de l’hébergement et de tous les prestataires de services touristiques, ainsi que pour les touristes, qu’il s’agisse de voyages d’affaires ou d’agrément. La Déclaration de Davos de l’an dernier comporte les grands principes directeurs pour tous les acteurs du tourisme. Maintenant, il faut passer à l’action. Nous allons collaborer davantage au sein du système des Nations Unies et accroître nos efforts pour que toutes les capacités des secteurs public et privé visent à faire face à ce problème. C’est l’occasion ou jamais d’innover. »
M. Lipman a ajouté : « À cet égard, l’OMT est heureuse d’annoncer la conclusion d’un accord de collaboration avec l’OACI, aux termes duquel elle va encourager l’utilisation de son nouveau calculateur des émissions de CO2 des avions. Ce calculateur, impartial et transparent, a été approuvé par la communauté internationale du transport aérien. »
Pour progresser, l’OMT va se concentrer sur l’application de la Déclaration de Davos par les professionnels et par les voyageurs. Elle va insister sur l’importance pour la société d’une stratégie cohérente de croissance du tourisme afin de favoriser le développement tout en réduisant systématiquement l’empreinte carbone de cette activité et en cherchant à ce que cette dernière soit dans l’avenir sans effet sur le climat.
L’OMT mènera notamment la campagne « Le tourisme s’engage face au défi du changement climatique », avec pour point culminant la
Journée mondiale du tourisme le 27 septembre, en insistant sur l’innovation et sur la collaboration des secteurs public et privé. Elle prévoit aussi, partout dans le monde au niveau régional, une série d’activités de sensibilisation et de renforcement des moyens en matière d’innovation et de mesures d’adaptation et d’atténuation, ainsi qu’une réunion de suivi au niveau des ministres du tourisme pendant le World Travel Market en novembre prochain.
Comme le dit la conclusion de la nouvelle étude de l’OMT, « la preuve est évidente que l’heure est venue pour la communauté touristique de développer sa stratégie afin de relever ce qu’il faut considérer comme le plus grand défi à la durabilité du tourisme au XXIe siècle ».
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ici pour le résumé de l’étude «
Changement climatique et tourisme - Faire face aux défis mondiaux » et
ici pour sa version intégrale (en anglais).
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